Le CAC 40 & Web Analytics : mise à jour 2007

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Après l’étude sur le CAC40 de décembre 2006, je remets le couvert 7 mois après pour voir si les choses ont changé.

Pour rappel: en décembre, le CAC40 enregistrait un taux de 28% de non-adoption d’outils Web Analytics visibles. soit environ une entreprise sur trois.

Nous avions vu également que même si la plupart des sociétés listées dans cet index ont principalement des sites qui s’adressent à leurs actionnaires, ce n’était pas une raison suffisante pour ne pas mesurer ces sites et prendre les décisions qui s’imposent sur base des résultats. Cette étude de juillet 2007 apporte quelques changements.
Pour commencer, voici un tableau montrant les outils utilisés par chacune des sociétés du CAC 40 en comparant l’outil utilisé en décembre 2006 et l’outil utilisé en juillet 2007.

Entreprise? Outil 2006 Outil 2007
ACCOR XiTi XiTi
AGF-ASS.GEN.FRANCE XiTi XiTi
AIR LIQUIDE n/a n/a
ALCATEL Omniture Omniture
ALSTOM SiteStat SiteStat
AXA Webtrends Webtrends
BNP PARIBAS Google Analytics Google Analytics, Weborama
BOUYGUES n/a n/a
CAP GEMINI Omniture Omniture
CARREFOUR n/a eStat
CREDIT AGRICOLE XiTi XiTi
DANONE SiteStat SiteStat
DEXIA SiteStat SiteStat
EADS SiteStat SiteStat
EDF n/a n/a
ESSILOR INTL. n/a n/a
FRANCE TELECOM Webtrends Webtrends
GAZ DE FRANCE SiteStat SiteStat
L’OREAL n/a SageAnalyst
LAFARGE XiTi XiTi
LAGARDERE S.C.A. Audientia XiTi
LVMH Visual Sciences Visual Sciences
MICHELIN n/a n/a
MITTAL STEEL A n/a n/a
PERNOD RICARD n/a Google Analytics, Weborama
PEUGEOT NetBoostTrack NetBoostTrack
PPR Weborama Weborama
PUBLICIS GROUPE SA n/a Google Analytics
RENAULT SiteStat SiteStat
SAINT GOBAIN SiteStat SiteStat
SANOFI-AVENTIS XiTi XiTi
SCHNEIDER ELECTRIC XiTi XiTi
SOCIETE GENERALE Weborama Weborama
STMICROELECTRONICS Webtrends Webtrends
SUEZ n/a Google Analytics
THOMSON (EX:TMM) Omniture Omniture
TOTAL XiTi XiTi
VEOLIA ENVIRON. Awstats Weborama
VINCI (EX.SGE) in-house Google Analytics
VIVENDI Google Analytics n/a

On observe d’après ce tableau que plusieurs entreprises ont finalement commencé à se préoccuper de leur stratégie Web Analytics.

En effet, on remarque que la proportion de “n/a” désignant les entreprises ne s’étant pas dotées d’outils de Web Analytics visibles a baissé, ce qui est bon signe.

Voici la répartition par outil pour juillet 2007, comparée avec 2006:

Solution WA 2006 2007
n/a 28% 18%
XiTi 18% 20%
SiteStat 18% 18%
Omniture 8% 8%
Webtrends 8% 6%
Google Analytics 5% 10%
Weborama 5% 11%
Audientia 2%
AWStats 2%
in-house (interne) 2%
eStat 3%
SageAnalyst 3%
Visual Sciences 3% 3%
NetBoostTrack 2% 2%

On remarque également que le déficit d’outils WA, qui passe de 28% à 18%, a été comblé à moitié, comme illustré ci-dessous:

Repartition en 2007 des outils WA chez ceux qui n’en avaient pas en dec 2006

On observe que sur ces fameux 28% de non-adhérents aux outils Web Analytics, la moitié demeure sans outil visible. Google Analytics s’empare quant à lui de la moitié des places restantes.
Bravo également à Weborama, eStat et… SageAnalyst?
En tous cas, les éditeurs majeurs ne semblent pas avoir su tirer parti de ce vide analytique. Peut-être lors de l’étude de janvier 2008 ?😉

Pour les 72% restants d’entreprises de l’étude de 2006 qui avaient adopté un outil de Web Analytics, la plupart restent inchangées et certaines ont soit changé d’outil, soit ajouté un autre outil à leur site.

Le graphe ci-dessous vous montre l’évolution de la part de chaque solution d’une étude à l’autre.

CAC40 - Evolution part de marché des outils WA
cliquez pour voir le graphe en taille réelle

Pour conclure cette étude de juillet 2007:

  • On voit clairement dans ce classement la disparition d’outils moins “standard” tels que les outils “maison” ou Audientia.
  • Les éditeurs majeurs comme Visual Sciences, Omniture, WebTrends ou SiteStat stagnent, ce qui peut refléter la réaction positive du marché aux outils gratuits comme Google Analytics, comme quoi le sentiment anti-Google dont on me parle souvent n’est pas si fondé que çà …
  • On constate une bonne croissance des acteurs français comme XiTi, eStat et Weborama. On est en droit de se demander, si cette réaction est purement franco-française ou encore anti-américaine. Mais l’explication la plus simple restant généralement la meileure, les commerciaux avant-vente de ces éditeurs français sont probablement plus agressifs et/ou plus efficaces😉
  • Enfin, la croissance de Google Analytics est incontestable. Il est évident qu’il sert de plateforme de test pour plusieurs entreprises du CAC40 qui veulent se faire une première expérience des Web Analytics avant de passer à une solution plus robuste telle que Omniture ou à une solution qui intègre mieux leurs données externes, telle que Unica, WebTrends ou Visual Sciences.

Je suis un peu rassuré quant à l’adoption des outils de Web Analytics en France mais pas complètement on ne semble pas dépasser le stade du simple reporting. Continuez les efforts!

Devenez des entreprises consommatrices de données de qualité!!🙂

Mettez en place les processus de mesure et d’anayse qui vous donneront un avantage compétitif!

Comme d’habitude vos commentaires constructifs sont les bienvenus!😉

12 Responses to “Le CAC 40 & Web Analytics : mise à jour 2007”

  1. Ramenos Says:

    Merci pour ce rapport bien concret. La croissance de Google Analytics n’est-elle pas également dû à la refonte de son interface ?

    En tout cas, c’est toujours intéressant de voir ce que les entreprises utilisent… Quant à Visual Sciences, il faut avoir les moyens🙂

  2. Julien Coquet Says:

    Hello Arnaud,

    pour la V2 de Google, je ne peux rien dire puisque certaines des entreprises qui sont passées sur GA l’ont fait avant la sortie de la V2😉

    Pour Visual Sciences, il s’agit ici en fait de HBX sous la marque Visual Sciences, et non pas VS – le produit.

    Amicalement,

    Julien

  3. taggle.org Says:

    Le CAC 40 & Web Analytics

    Une étude qui montre la proportion des entreprises du CAC40 qui commencent enfin à s’intéresser aux données sur l’activité de leur site Web.

  4. Jacques Warren Says:

    Portrait bien intéressant. Je pensais même la France encore un peu plus “en retard” en web analytique. Comme ici, je constate que la plupart des sociétés ne s’en tiennent encore qu’au reporting de base, selon ton commentaire. Je suis d’avis avec Stratigent, de Chicago, que le travail de définition des indicateurs de performance (KPI) et l’établissement de processus de transmission des résultats sont les caractéristiques (donc les conditions) fondamentales des organisations ayant dépassé le stade du simple reporting.

  5. Jean-Marc Says:

    Très intéressant.
    Etes-vous allé un peu plus loin en interrogeant directement les sociétés qui n’ont pas d’outils “visible” et savoir ce qu’il en est?

  6. Adrien Says:

    Merci pour ce post Julien

  7. Mathieu Llorens Says:

    Bonjour,

    Je fais suite à votre article, qui quoique très intéressant, me paraît assez imprécis. Je pense en effet que vous devriez préciser les périmètres que vous avez pris en compte pour effectuer votre étude. En effet, les entreprises citées possèdent des myriades de sites et il semble que vous n’en ayez considéré qu’une petite partie. Avez-vous considéré les sites corporate ? les sites e-commerce ? L’ensemble du périmètre ? En fonction du périmètre étudié vous allez probablement obtenir des résultats très différents, qui risquent de vous conduire à revoir vos interprétations.

    Représentant XiTi, je me permets de vous signaler que vous avez très largement sous-évalué la part des sociétés du CAC 40 qui utilisent nos solutions (12 entreprises ont été oubliées, je suis à votre disposition pour vous donner les périmètres précis). Mais peu importe ce classement au final, car certains de nos concurrents (français et américains) pourront probablement faire exactement la même analyse et revendiquer des sites qui nous sont attribués… La question centrale est bien celle de la méthodologie et du périmètre de mesure, qui est d’ailleurs une des questions les plus compliquées de la mesure de fréquentation sur Internet.

    On pourrait s’attendre à ce qu’une multinationale possède un marquage homogène sur l’ensemble de ses filiales (locales et internationales), mais on observe que c’est aujourd’hui rarement le cas… Votre étude s’en trouverait donc considérablement compliquée. En attendant, cela doit obliger à quelques précautions dans vos interprétations, car :
    – Dans la réalité, les entreprises citées sont bien plus nombreuses que vous ne le dites à utiliser des outils de webanalytics
    – Les entreprises utilisent parfois sur leurs sites les plus importants (en termes d’audience ou de CA) des outils assez différents de ceux que vous leur attribuez, ce qui doit pondérer l’importance prise par les différents outils sur ce marché.

    Cordialement

    Mathieu Llorens
    Directeur du développement

  8. Julien Coquet Says:

    Bonjour Mathieu et merci pour vos remarques, constructives comme je les aime🙂
    A l’instar des précédentes éditions de cette étude, je ne prétend pas connaître l’étendue exhaustive du parc Web de chacun des acteurs du CAC40 ou de telle autre entreprise dans un autre index boursier européen.
    Cette étude porte donc sur les sites qui se trouvent en première ligne.
    Exemple (XiTi en passant) : Total sera considéré comme http://www.total.com et l‘étude portera sur ce domaine uniquement.
    Comme vous vous en doutez, plusieurs entreprises citées dans l’étude se servent également d’outils de web analytique pour leurs intranets et autres applications internes.
    Il est bien évident que nous ne pouvons pas non plus prendre ces outils en ligne de compte.
    Quant à la proportion d’entreprises qui se servent d’outils de web analytics, ce ratio est en tous cas en train de crôitre comme on l’a vu.
    Comme nous le martelons dans nos différents billets, la mesure de la tendance prime sur l’exactitude des chiffres.
    De plus, pratiquer les web analytics en entreprise ne se résume pas à installer un outil de mesure ; il faut encore que quelqu’un de compétént arrive à interpréter les chiffres et à les transformer en actions concrètes qui vont influencer la stratégie globale de l’entreprise.
    Et dans cette optique là, cette stratégie est encore virtuellement inconnue en France (voire farfelue ou encore réduite au stade du gadget de la « bulle Internet »).

    Pour plus de détails, je vous réfère à mon premier billet sur le sujet (pour a méthodologie entre autres) et au commentaire d’Aurélie Pols sur ce même billet.

    Cordialement,

    Julien

  9. Mathieu Llorens Says:

    Bonjour Julien, merci pour ces précisions.

    Une dernière chose, cependant : il est difficile de vous laisser considérer nos utilisateurs de cette manière  (« quelqu’un de compétent qui arrive à interpréter les chiffres ?? », « stratégie virtuellement inconnue, farfelue » ?). Manifestement, vous sous-évaluez légèrement le niveau de compétences des utilisateurs de web analytique en France. Vous pouvez prendre l’intégralité des utilisateurs XiTi cités dans cette étude : ils ont tous suivi des formations spécifiques au web analytique, défini des KPIs précis pour chaque site audité, réalisé des marquages souvent très élaborés intégrant des données externes dans leur rapports web, ou inversement diffusant des données XiTi dans leur datawarehouse et ils sont nombreux à pratiquer des segmentations très fines lors de leurs analyses.
    Dans la plupart des cas, les données remontent quotidiennement à la Direction générale via des alertes ou des tableaux de bords spécifiques. Ces reporting sont en outre, de plus en plus souvent, suivis en temps réel par les équipes marketing. L’A/B Testing, les études ergonomiques de process, les études de marché via sites catalogues, ou les problématiques de behavioral targeting sont aujourd’hui monnaie courante pour ces grands comptes. Enfin, nous avons un grand nombre d’agences partenaires (formées à XiTi) qui accompagnent quotidiennement leurs clients sur des problématique de business intelligence via des données de web analytique. Tout cela n’a rien de virtuel ou farfelu, croyez moi !
    Pour terminer, les multinationales françaises du CAC 40 (au moins celles qui travaillent avec nous) ont bien compris les enjeux du web marketing, elles mettent les moyens financiers et l’énergie intellectuelle nécessaires à l’optimisation de leurs stratégies web. Elles n’ont franchement rien à envier à leurs homologues américains…

    Nous observons donc la même tendance, certes, mais d’après nous le mouvement est bien plus rapide que vous ne semblez le dire.

    Cordialement

    Mathieu Llorens

  10. Aurélie Pols Says:

    Bonjour Mathieu,

    Je suis ravie d’entendre qu’une poche d’excellence en matière de Web Analytics existe bel et bien en France, au sein du berceau Xiti et je suis vraiment désolée si nous n’ayons pas encore eu l’opportunité de tomber dessus. Les probabilités n’auraient pas joués en notre faveur😦

    Il me semblait pourtant avoir une vision globale et plus ou moins complète du marché Européen, à travers mes différents voyages tant en Allemagne, en France, aux Pays-Bas ou encore au Royaume-Uni, où je me rends régulièrement.
    Et je reste convaincue qu’en effet des poches d’excellence existent de part et d’autres de ces différentes frontières. Je vous rejoints d’ailleurs tout à fait dans l’idée que l’Europe – et probablement comme vous le dites la France – n’a rien à envier aux Etats-Unis.

    D’un autre côté, il apparaitrait tout de même que nous ne soyons pas les seuls à sous-évaluer les compétences des utilisateurs Européens puisqu’encore dernièrement mon ami Eric a souligné que 78% des répondants Européens à son enquête, sur l’utilisation des Web Analytics au sein des entreprises, rapportent un manque de ressources humaines pour utiliser les données récoltées à bonne escient.
    Libre à vous de critiquer son enquête bien évidemment et je vous concèderais volontiers que la barrière linguistique pourrait en effet sous estimer la part française.
    Le lien est le suivant : http://www.webanalyticsdemystified.com/sample/Web_Analytics_Demystified_-_March_Survey_Results_-_Europe_2007.pdf

    Et c’est bien à cela que faisait référence Julien dans sa réponse à votre commentaire : le besoin de ressources humaines pour tirer profit des données et effectivement les analyser, pas seulement se retrouver dans la mailing list d’un rapport ou en être le récepteur prédominant.

    En outre, j’aimerais également attirer votre attention sur un excellent livre blanc d’un de vos compatriotes travaillant chez Nokia en Finlande, Vincent Kermorgant, qui attribue la responsabilité des ces fameux Indicateurs Clés de Performance (Key Performance Indicators, KPI) à des acteurs tangibles au sein d’une entreprise. Quelqu’un doit être responsable afin d’assurer une prise d’action sur base des données rendues !
    En effet, que ce passe-t-il une fois que ces liens techniques ont été établis entre les différentes plateformes ou logiciels utilisés ( CRM, WCMS ou systèmes de gestion de contenu, outils d’emailing mais aussi l’alimentation push des WA vers des plateformes plus BI ou des datawarehousing) et qui est responsable d’une part de faire respecter des procédures (là, je pense plus particulièrement à de l’acquisition de trafic par exemple) mais également de plonger dans des données pour en retirer la substantifique moelle et influencer la stratégie d’une entreprise.

    Maintenant, je retiens de votre commentaire qu’il est bien possible que n’ayons pas rencontré les « bonnes personnes » chez Xiti ou assisté aux présentations qui justement traite de ces différents sujets et démontre clairement votre savoir faire, en tant que vendeur de logiciel et accompagnateur non seulement technique mais également business de vos clients en matière de Web Analytique.
    Je tiens à réitérer, comme je l’ai déjà fait maintes fois, ainsi que Julien, auprès de notre contact actuel chez Xiti, que je suis à votre entière disposition pour en apprendre plus sur votre société afin de faire évoluer ce secteur qui nous est cher.

    Je vous invite d’ailleurs fort cordialement à nous rejoindre lors de notre Web Analytics Day (http://www.webanalyticsday.eu) qui se tient à Bruxelles en date du 14 Septembre prochain à la Fédération Belges des Entreprises afin de pouvoir en discuter de vive voix et échanger nos points de vue respectifs. Cet événement peut être la plateforme idéale pour mieux communiquer votre savoir faire.

    Analytiquement vôtre,
    Aurélie Pols

  11. Mathieu Llorens Says:

    Bonjour Aurélie,

    merci pour cette réponse détaillée. J’avais lu l’étude d’Eric Peterson, et je n’en conteste pas vraiment les résultats. Il y a en effet une marge de manoeuvre considérable car les équipes dédiées au web analytique sont encore insuffisantes. Mais je tenais à préciser que la dernière année a été spectaculaire sur ce marché. Les enjeux liés à nos services sont remontés à la direction générale et tout cela se structure à (très) grande vitesse.

    La date du 14 septembre est bien notée, elle va coïncider avec la sortie de nombreuses nouveautés majeures chez XiTi, on aura donc plein de choses à vous raconter. En outre XiTi est présent dorénavant à Montréal, Madrid et dès la rentrée en Allemagne, et nous venons d’adhérer à la WAA. On aura donc probablement l’occasion de se croiser plus régulièrement dorénavant, pour porter ensemble la bonne parole.

    Cordialement,

    Mathieu Llorens

  12. analysteweb Says:

    Bonjour,
    je pensais que PPR était chez Omniture.
    En regardant de plus près je vous accord que le site corporate est bien chez WebOrama, mais pour ceux qui est des sites commerciaux de ppr, ils sont bien chez Omniture.
    Cordialement,
    Yesak

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