Pour une fois, Brice n’a pas dit trop de bêtises (que du contraire?)

by

Brice Le BlévennecQuand j’ai vu entrer dans ma mailbox le résumé du blog de Totem Consult vendredi matin qui m’annonçait que Brice Le Blévennec d’Emakina avait parlé du Web 2.0 dans LeSoir, j’ai retenu mon souffle. Ceci dit, Cyber21, c’était génial, chapeau bas.

Depuis, Emakina a fait une IPO et Brice, c’est Brice. J’ai écouté Singles de temps à autre mais après 3 minutes d’écoute, ma main se rapprochait inévitablement du bouton de ma radio pour zapper. Je ne dois pas être la cible, étant marriée et peut être trop “intellectuelle”, comme me disent mes copains.
Je m’arrêterai là et l’IPO d’Emakina suicite évidemment de la couverture média et donc ils sont devenus, à ce niveau, un peu nos représentants du secteur…

J’ai lu l’article du Soir et à mon grand soulagement, rien à redire si ce n’est un tout grand merci et quelques tous petits mais.

Le premier MAIS provient du constat qu’en effet les entreprises “ne peuvent plus se contenter d’un monologue du sommet vers la base avec des sites officiels ou des stratégies classiques” mais la pratique n’est pas encore là, soyons honnêtes!
Vendredi dernier je me suis encore battue pour avoir un tout petit accès FTP au sein d’une grosse multinationale pour rapatrier des logs et remettre des rapports WebTrends qui, à coup sûr, permettront à mon client de rentabiliser mon projet et bien plus! L’information c’est le pouvoir, dans ce cas concret, des € relativements directs. L’IT allait analyser ma requête puisqu’elle ne faisait pas partie des “procédures standards”.  Je ne leur en veut pas, je comprends, c’est juste que nous vivons dans un autre espace temps.

Je n’ai pû m’empêcher de faire le lien justement avec l’avènement du Web 2.0 et toutes ces procédures des grosses entreprises. Faut-il encore qu’on définisse clairement le Web 2.0, ce qui n’est pas non plus tout à fait le cas pour tout le monde et c’est un autre débat.
Technologiquement, tout est là, c’est prêt et je suis la première à suivre les blogs des CEO sur DeStandaard et ceci n’est possible que parce ces opinions viennent d’en haut…
Je m’étonne dès lors de ne pas voir des débats dans le cadre du Web 2.0 qui tourne justement autour des modifications de processus au sein de plus grosses entités, où l’aspect juridique peut parfois jouer un rôle et l’approval de ce qui est mis sur un blog devrait, probablement, passer par plusieurs étapes et plusieurs mains (ou clicks de souris si tout cela est mis dans un workflow).
Il serait peut être temps de faire rentrer la BPR (Business Process Reengenering) dans cette petite danse.

L’autre jour, j’étais dans une agence bancaire où j’ai lu un article intéressant dans leur magazine mensuel, Money Expert. Maurio me parlait de la croissance d’inflation et j’aurais voulu réagir. Ce contenu était idéal pour un blog, histoire de commencer à susciter de l’intérêt pour la question et lancer le débat. Mais alors quid des procédures internes pour approuver les commentaires et qui serait, in fine, responsable de répondre sur ce blog? Je connais les processus internes de cette banque, la question ne sera pas rapidement répondue.

En outre, la mesure des blogs et de tout ce qui tourne autour du Web 2.0 commence à poser un sérieux problème aujourd’hui, surtout si nous parlons de Mashups et autres applications de type Ajax ou encore de portabilité, à la iPod. La question n’est, entre autre, plus de savoir combien de fois le Podcast a été downloadé mais bien combien de fois il a été écouté/visionné. En outre, quand nous parlons de Mashups à la Ajax, rares sont les applications qui sont en fait hostées chez nous et la notion de page vues commence à être sérieusement remise en question.
Nous en sommes déjà, chez OX2, à mesurer des éléments, plutôt que des pages vues mais cette gymnastique intellectuelle devient de plus en plus difficile à faire avaler aux responsables marketing. Une chose à la fois, j’en suis encore à expliquer la notion de visiteurs uniques et pousser pour de réelles mesures de conversion, vu l’intérêt croissant pour le référencement. 
Eric P. en discutant cette semaine – autour d’une bonne table j’imagine – avec Bob Page, Xavier Casanova et les frères Eisenberg expliquait en plus de détails sur son blog les problématiques auxquelles nous faisons face aujourd’hui en matière de mesure du Web 2.0. Et entre nous, la mesure des feeds RSS, c’est du gâteau par rapport la remise en question du business model publicitaire basé sur les pages vues.

Dans un contexte où le Web 1.0 n’est pas encore mesuré correctement, où rares sont les entreprises qui font le lien entre leurs efforts en matière de référencement et leurs objectifs réels (lisez taux de conversion au sens large), je suis un peu désabusée par l’annonce que VW Escape TV fait 100.000 visiteurs.
Vous mesurez cela comment excatement? les cookies sont bons – expirant en 2036, signature classique d’Emakina vu que c’est la date par défaut de ColdFusion – mais aucun tags sur les pages.
J’espère qu’au moins vos fichiers logs sont un tout petit peu filtrés…

Donc Web 2.0, oui génial, magnifique et j’adore le design de VW Escape, c’est du beau travail, du Computer Arts à l’état pur. Mais vous ne voudriez pas commencer à mesurer correctement, s’il vous plaît? Finalement, c’est aussi comme ça que nous allons définir si de telles initiatives apportent réellement la réponse à la problématique de VW face au “public jeune, de plus en plus branché” d’un point de vue business.

This is my humble opinion pour citer mon ami Avinash.  Commentaires, réactions?  N’hésitez pas!

4 Responses to “Pour une fois, Brice n’a pas dit trop de bêtises (que du contraire?)”

  1. Gaetano Says:

    Chouette billet. Très franc et très constructif!

    RSS, PodCast, Ajax: déjà qu’on ne comprenait pas bien les stats d’un site web… ca va pas s’arranger…

  2. Jacques Warren Says:

    Ah! la tentation du buzzword. J’ai lu le post d’Eric Peterson et les interrogations sur comment mesurer le Web 2.0 sont intéressantes, quoique bien théoriques encore. Étant consultant en Intelligence Web (mais ce fut tout aussi vrai durant ma carrière en marketing interactif des 10 dernières années), je sais qu’il y a ce que nous voyons poindre à l’horizon et ce que les gestionnaires sont capables d’intégrer dans leurs pratiques quotidiennes. Nous savons tous que la mesure Web n’a vraiment décollé que ces trois dernières années alors que des applications telles que WebTrends existent depuis une douzaine.

    Donc, personnellement, ce n’est pas moi qui vais se lancer dans une campagne d’éducation sur la mesure 2.0… Je suis bien d’accord avec Gaetano (“déjà qu’on ne comprenait pas bien les stats”); tous mes clients (60+ grandes corporations à 95%) en sont encore à implanter sérieusement l’Intelligence Web 1.0….

  3. Aurélie Pols Says:

    Bonjour Jacques,

    Oui, je te rejoins là dedans et comme seule consolation, je peux juste dire que tu n’es pas tout seul😉 J’imagine aussi qu’au Canada, vous êtes un chouillat plus avancés. Enfin, je l’espère!

    Maintenant, tout comme pour référencement, beaucoup de responsables marketing sautent dans cette histoire de blogs (pas toujours le Web 2.0 à la Ajax ou Podcats) et de RSS (même s’ils ne savent pas toujours de quoi nous parlons) comme s’il s’agissait d’une pillule magique.
    Les RSS, en tant que tel, a des applications directement utilisables et j’en vois certains chez des clients qui tiennent parfaitement la route: syndiquer les modifications en terme de contenu. Un exemple classique pour moi est tout ce qui est juridique.

    Mais les blogs… je suis désolée mais si un contenu tout simple fait partie d’une workflow et prend parfois plus d’une semaine à être approuvé et poussé en ligne, je ne vois que le CEO qui peut blogguer. Le Standaard en Belgique en est un bon example. Ou alors les journalistes.
    Les blogs ne sont pas toujours la solution et à moins de comprendre comment ça fonctionne réellement (et je ne parle pas de technique, c’est un détail vu le nombre de produits sur le marché), ils vont se planter et les conséquences peuvent être catastrophiques! Regarde Dell ou alors ici, à un niveau plus local, Excel. (un l ou 2?)

    L’avantage des web analytics, c’est que nous sommes obligés de passer par les vraies questions afin de monter les tableaux de bord pour le reporting et la prise de décision. Oui, l’action c’est encore un autre débat mais “à quoi sert votre site exactement?” ou “comment allez-vous mesurer les succès de vos initiatives?” restent des questions fort pénibles qui prennent du temps à être décortiqués.

  4. Jacques Warren Says:

    Salut Aurélie,

    Je suis tout à fait immergé dans ton dernier paragraphe sur une base quotidienne.

    Quant aux blogs, oui, il s’agit probablement du plus grand phénomène Web des dernières années et nous ne faisons que commencer à en comprendre les implications, tant des points sociétal et que marketing.

    Pour l’instant, je vois leur analyse comme intéressante via la “buzz analytics” qui nous permet de sonder la “doxa” et mesurer la réputation, etc (ce que j’appelle l'”écologie du site”, avec l’analyse de la compétition, la navigation inter-sites, etc). J’y vois déjà certaines applications concrètes aujourd’hui.

    Par contre, la masure de l’utilité/impact du blog “corporatif”, elle, a encore à prouver son utilité. Il s’agit peut-être d’un préjugé, mais je dirais à un client qui demanderait quel est l’impact de son blog que la réponse est fort probablement zéro, sans que j’aie même à regarder un seul chiffre…

Comments are closed.


%d bloggers like this: